Qi Gong

imcalqig

Energie, souffle, vitalité et mouvement

Comment traduire du chinois le terme qi gong? La pensée chinoise ne dissocie pas forme et force, disent en substance les docteurs Zhu, Angles et Darachkan, ainsi nous pouvons définir le qi comme l’élément en mouvement qui constitue la base de toutes les choses existantes. Le concept qi comporte les notions d’énergie, de souffle et de vitalité et s’apparente au pneuma des Grecs et à l’anima des Latins, ainsi qu’au prana des Indiens. Les éléments porteurs de la force vitale et générateurs de mouvements circulent selon le trajet des méridiens, en suivant le rythme circadien (lié au mouvement apparent du soleil). L’équivalent en français de gong serait le travail, l’œuvre, la réalisation.

Qi gong pourrait donc être traduit par « travail énergétique »; mais cette conception pourrait impliquer également des activités comme la promenade, le chant, etc. En fait jusqu’il y a peu le terme qi gong était lié à d’autres mots (p.ex. taijiqigong, c.-à-d. « travail énergétique du grand faîte »). L’altération semble venir des Etats-Unis pour faciliter la désignation des variétés d’exercices (le même genre d’altération s’est produit pour gongfu ou chop suey). Le terme a été repris par les Chinois de la diaspora, puis par les habitants des républiques chinoises. Dans une description plus large, on dirait: combinaison de méditation, de respiration (selon des lois millénaires), et de mouvements corporels (souplesse), qui permet d’apprendre à activer le qi et à le faire circuler dans l’organisme.

Le Dr Joséphine Zöller relève, dans son livre consacré au qi gong, une série d’aspects communs à certaines techniques occidentales, notamment: la méditation, la thérapie par la respiration, la gymnastique corporelle (recherche de l’assouplissement des muscles, tendons et articulations), la psychothérapie (pour les Chinois, le corps et l’esprit, ou le corps et l’âme sont un; cette activité est donc liée à la psychosynthèse plutôt qu’à la psychanalyse, car en médecine traditionnelle chinoise il y a correspondance entre l’émotion et les fonctions viscérales) et l’acupuncture (on peut arriver à conduire le qi dans le corps, par exemple d’endroits en excès vers des endroits en manque).

Pour certains, comme le Dr Yang Jwing Ming, le qi gong n’est pas qu’une simple pratique de santé, par l’usage de la théorie de l’énergie et par sa place au coeur même de la médecine traditionnelle chinoise, qui considère l’Homme dans son ensemble. Cette théorie comprend notamment la loi de complémentarité du yin et du yang, et les lois des 5 éléments.


Origine lointaine

Les méthodes les plus anciennes de qi gong sont le tui na (qui veut dire expirer/inspirer, sous-entendu le qi) et le dao yin (que l’on peut traduire par « diriger »), que l’on évoque déjà dans le grand traité de médecine et de philosophie Huangdi Nei Jing Su Wen (datant, dit-on d’environ 3000 ans av. J.-C.). A chaque époque de l’histoire de la Chine on rencontre des personnes restées célèbres pour avoir contribué au développement des exercices appelées maintenant qi gong, dans cette quête éternelle de la longévité. Et selon le pouvoir en place, ces efforts furent encouragés, entre autres par des académies officielles, ou marginalisées. Ce fut aussi le cas du régime communiste, qui depuis 1978 soutient très largement le développement de techniques de qi gong modernes, alimentés par les derniers succès de la recherche médicale occidentale comme traditionnelle.

Sortes de qi gong

Les sortes de qi gong sont à envisager selon le système de références choisi. Par exemple, le docteur Yang Jwing Ming distingue avant tout les qi gong utilisées dans les arts martiaux:

  • soit wai dan ou externe, ou encore « dur »: stimulation locale d’une partie du corps par le biais d’une tension musculaire maintenue conjuguée à la concentration),
  • soit nei dan ou interne, ou encore « mou »: concentration du qi dans Dan Tian (ou Tan Tien, centre énergétique) puis circulation du qi dans le reste du corps, à travers les différents méridiens;
  • les autres méthodes pour augmenter la circulation du qi sont l’acupuncture (stimulation de points des méridiens au moyen d’aiguilles), les massages et, liées à ces derniers, des techniques de frictions, d’acupressure, etc. A ma connaissance, en Belgique, on pratique surtout des nei dan qi gong.

On peut également distinguer:

  • les qi gong avec repos du corps, plus proche de la méditation, par exemple les méditations taoïstes de base appelées traditionnellement Petit et Grand Cercles Célestes ou petite et grande circulation (Orbite Microcosmique chez Mantak Chia), les 6 sons de guérison;
  • les qi gong avec mouvement du corps, comme par exemple l’automassage, les exercices des 8 Brocarts (ba duan jin); et les qi gong avec déplacement corporel, comme par exemple les mouvements des 5 animaux, les exercices de marche, etc.

Beaucoup d’auteurs classent aussi de la façon suivante:

  • les qi gong d’origine bouddhiste (venant de monastères); deux tendances: zhan chan (au Japon: ritsu zen), qui est actif, et zuo chan (au Japon za zen), qui se fait assis; cela comporte aussi bien les exercices des 5 Animaux que ceux des paysans, ou des 8 Brocarts;
  • les qi gong d’origine confucianiste (référence au penseur chinois Confucius): il s’agit de rites familiaux et sociaux (prosternations, agenouillements, etc.); comme ce rite à la naissance: on placera le garçon nouveau-né face vers le ciel pour stimuler le yang et la fille face vers la terre pour stimuler le yin;
  • les qi gong d’origine martiale: techniques préparatoires, formes ou enchaînements (dao ou duan – au Japon kata), et exercices spécifiques: par exemple taijiquan, tui shou, bagua zhang, et xingiy zhang, etc.;
  • les qi gong d’origine médicale: techniques psychosomatiques comparables à nos gymnastiques de santé, médicales et de rééducation; ces qi gong nécessitent un diagnostic complet et un suivi, et peuvent donc être équivalents à des séances d’acupuncture;
  • les qi gong d’origine familiale: comporte des secrets de famille; en fait, il s’agit souvent de guérisseurs qui ont reçu leurs connaissances par tradition familiale; ces personnes ont souvent des capacités paranormales;
  • les qi gong d’origine syncrétique, c.-à-d. récents, construits de toute pièce à partir de techniques traditionnelles (un peu comme l’aérobic ou le stretching chez nous).

A ma connaissance, il est possible de rencontrer des exemples de ces différents types de qi gong en Belgique.

Pratique, cours et formations

Un bon nombre d’exercices tiendra compte des différents cycles qui rythment notre vie (les périodes du jour, les saisons) ainsi que du lieu (de préférence paisible pour ne pas « troubler le calme du coeur »), de l’orientation (le plus communément vers le Soleil), de la position (allongée, assise, debout, en marchant…). Certains qi gong forment des ensembles structurés d’exercices (8 Brocarts, 5 Animaux, Vol de la Grue, etc.). Certains maîtres en qi gong, comme Mantak Chia, proposent des possibilités d’évolution personnelle basées sur un ensemble structuré et évolutif d’exercices. Les exercices de qi gong comportent également des massages pour bébé, ainsi qu’une série d’auto-massages (comme ceux groupés sous le nom de do-in).

En Belgique, le choix d’apprentissage de ces méthodes commence à s’élargir. La base de l’apprentissage passe par des cours collectifs ou individuels ainsi que des stages, avec, comme pour le taijiquan, un accent particulier sur la pratique personnelle pour en tirer les meilleurs bénéfices. La formation et l’autorisation d’enseigner ces méthodes dépendent des enseignants et des écoles représentées.

Texte écrit par Alain van Leckwyck
enseignant de qi gong et de taiji quan
pour le « Guide du Mieux Etre », éditions 1995 & 1996
(copyright éd. Parcours, Bruxelles et A. van Leckwyck)

BRÈVE BIBLIOGRAPHIE SUR LE QI GONG

  • Georges CHARLES: « Traité d’énergie vitale – Qigong et taoïsme » – éd. Encre (1990)
  • Docteurs Mian Sheng ZHU, Michel ANGLES et Siavoch DARACHKAN: « Souffle et énergie – Le Qi Gong » – Editions du Rouergue (1994)
  • Dr Joséphine ZÖLLER: « Qi Gong – Exercices énergétiques de santé » – éd. Dangles (1990)
  • Les ouvrages de Léo LANDSMAN (éd. Grande Muraille, Libr. You Feng, EPI, etc.), de Mantak CHIA (éd. Trédaniel, Jouvence, Dangles, Axis Mundi) et du Dr YANG Jwing Ming (éd. Budostore/Trédaniel).

____________________

En-tête: calligraphie qi gong
extrait du livre « Qi Gong – La maîtrise du souffle » éd. Sirpe, Paris (1986)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s