Taijiquan

imcaltjq

« BOXE DU FAÎTE SUPRËME » OU « BOXE AVEC L’OMBRE »

L’ensemble tai ji ou « faîte suprême » est aussi connu par sa représentation d’un cercle séparé en deux de façon sinueuse en zone noire (partie yin) et en zone blanche (partie yang) avec des points de couleur opposée dans la partie d’ampleur maximale de chaque zone: représentation de la dualisation. Quan signifie « poing », « boxe », « combat », « action ». Ce qu’on traduirait donc par « boxe du faîte suprême » est également appelé « boxe avec l’ombre » car cette « danse du Tao » est en somme un combat fictif contre plusieurs adversaires.

AUX ORIGINES DU TAIJIQUAN…

Outre diverses légendes sur son origine, cette discipline est issue d’une longue histoire à la fois guerrière, spirituelle (chamanisme, puis taoïsme, bouddhisme et confucianisme) et de recherche de longévité: elle associe des éléments d’art martial, de méditation en mouvement et de gymnastique. La première trace de ce qui est devenu le taijiquan proprement dit à la fin du 19 siècle, semble dater du 17 siècle selon les archives de la famille Chen. Au départ art familial, le taijiquan va être popularisé par la famille Yang. Quatre grands styles familiaux sont encore pratiqués actuellement: Chen, Yang, Wu et Song, syncrétisés de différentes manières par la Chine continentale ces dernières décennies.

LES PRATIQUES

L’exercice de base s’appelle « forme », « enchaînement », « tao », etc. et comporte l’association successive de mouvements d’art martial pratiquée debout de manière lente, fluide, ininterrompue, avec des gestes amples et circulaires. Cela nécessite seulement des vêtements souples et de l’espace (l’idéal: un parc ou en forêt). En outre, pour ceux qui veulent aller plus loin, il existe des exercices complémentaires: avec partenaire (tui shou ou « poussée des mains », da lü, san shou, etc.), enchaînements avec « armes » (épée, sabre, bâton, etc.)… Et les cours comportent des exercices préparatoires issus des qi gong (exercices sur les « souffles »).

COURS ET PRATIQUE PERSONNELLE

Selon les styles et/ou les écoles il existe des enchaînements de nombre variable de mouvements (p. ex. 24, 42, 48, 88, 108, 127). Ce n’est pas tant la quantité de mouvements à apprendre qui compte que la qualité que le pratiquant peut y mettre ou découvrir. La pratique du taijiquan peut d’ailleurs être une merveilleuse école d’autonomie: les meilleurs bénéfices sont obtenus par une pratique personnelle , seul ou en groupe (voyez les documentaires sur la Chine); le cours ne sert qu’à apprendre les nouvelles informations et à corriger et affiner ce qui est connu sous la direction d’un professeur (ou instructeur) ou d’un maître.

POUR QUI? AVANTAGES POSSIBLES

Cette pratique, que l’on suggère quotidienne, est adaptée à chacun, peu importe l’âge, dans les limites de ses possibilités (la seule limite semble être de ne pas pouvoir rester sur ses jambes…); elle permet d’améliorer sa souplesse, sa coordination, sa concentration, la prise de conscience de son corps et de son espace, son équilibre, les sensations de circulation d’énergies en soi; elle peut avoir des effets thérapeutiques aux niveaux physiologique (sur les systèmes nerveux, circulatoire, respiratoire, digestif), psychomotrique (globalité et unité du mouvement, équilibre tonique, rééducation motrice) et psychothérapeutique (présence à soi, unification, meilleur rapport avec soi et avec l’extérieur). Ce n’est pas pour rien que le taijiquan, comme le qi gong, est associé aux traitements médicaux en Chine (et ailleurs), ne fut-ce que préventivement. C’est donc aussi une école de patience et de persévérance, notamment pour les personnes hypertendues, et de tonification pour les hypotendus.

© Alain van Leckwyck 1994

Texte écrit par Alain van Leckwyck
pour le « Guide du Mieux Être », éditions 1994, 1995, 1996 & 1997
(copyright éd. Parcours, Bruxelles et A. van Leckwyck)

BRÈVE BIBLIOGRAPHIE SUR LE TAIJIQUAN 

  • Christian BERNAPEL et Georges CHARLES: « Tai ji quan – Pratique et enseignement des Huit Portes et Treize Postures » – éd. Encre (1991)
  • Catherine DESPEUX: « Tai ji quan, art martial, technique de longue vie » – éd. Guy Trédaniel (1981)
  • Jean GORTAIS: « Tai ji quan – Enseignement de Li Guang-hua, style Yang » – éd. Le Courrier du Livre (1981)
  • Vlady STEVANOVITCH: « La voie du Tai ji quan » – édité par l’auteur, Maredret – Belgique (1986)
  • CHANG Dsu Yao et Roberto FASSI: « Tai chi chuan » (principes théoriques) – éd. de Vecchi (1993)

___________________

En-tête: calligraphie taijiquan par Antoine Ly,
extrait de son livre « L’art du tai ji quan – Le Dao et le Qi » éd. Lierre & Coudrier (1991)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s